Accueil Actus en Libre accès Ardoisières d’Angers-Trélazé : C’est fini

ANGERS (MPE-Média) – La société des Ardoisières d’Angers (AA), filiale du groupe IMERYS, vient d’annoncer ce lundi à son comité d’entreprise basé à Trélazé, Maine-et-Loire, la cessation pure et simple de ses activités d’extraction et de négoce d’ardoise de qualité « monuments historiques » pour raisons d’attrition du gisement local et de sa qualité. Explications et un peu d'histoire.

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Coucher de soleil sur les anciens puits de mines de Trélazé, ceux des Ardoisières d'Angers (ph CJ archives MPE-Média)

Symbolique, sans doute historique, l’annonce de la fin d’exploitation du gisement des Ardoisières d’Angers à Angers-Trélazé ce lundi par la direction de la société éponyme met localement fin à plus de 120 ans d’activités minières dans ce qui était encore voici trente ans environ l’un des meilleurs gisements d’ardoise de couverture haute qualité minérale pour les bâtiments au monde.

Au total, 153 professionnels de la mine sont concernés par des mesures de reconversion qui doivent leur être proposées dans les jours à venir par le groupe IMERYS, la holding de leur société.

Cette société avait été créée en 1891. Les mines d’ardoise de Trélazé prenaient elle-même la suite de l’exploitation conduite durant plusieurs générations de mines à ciel ouvert et de production d’ardoise qui ont coiffé plusieurs siècles durant les plus grands édifices historiques du Val de Loire, de France et à l’étranger (Versailles, les châteaux de la Loire, etc.).

 

Epuisement du gisement

La raison invoquée par la direction du groupe angevin est tout d’abord « l’épuisement du gisement de la mine de Trélazé, après plusieurs années de baisse de la qualité de la pierre extraite ». Le chiffre d'affaires de 10 millions d'euros réalisé sur les dix premiers mois de 2013 n’a pas permis à l’entreprise d’éviter près de 4 millions d’euros de pertes s’ajoutant à celles des années précédentes, précise le groupe.

Il y a dix ans, les AA produisaient environ 15.000 tonnes d’ardoise par an, dont 70% de haut, voire très de gamme. En 2013, la prévision sur l’année est de 3.000 tonnes dont 23% de premier choix. La baisse en volume a été accompagnée par une baisse de la qualité finale avec un impact financier sensible à partir de 2008, explique le directeur général du site M. Philippe Dufour.

Le prix de marché de l’ardoise française tiré vers le bas par l’ardoise espagnole varie entre 500 et 600 euros/tonne. Le prix de vente moyen des ardoises des Ardoisières d’Angers est de 1.500€/tonne cette année, soit près du triple du prix moyen de marché pour des ardoises de moins bonne qualité en Europe.

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Galerie de la mine d'ardoise d'Angers-Trélazé (ph SD Ardoisières d'Angers)

Concurrencée par l’ardoise d’Espagne puis d’Amérique du sud dès les années 1970 et 1980, l’ardoise angevine a perdu de sa rentabilité au fil du temps sans jamais perdre de sa qualité minérale, les galeries sous-terraines s’étendant à des kilomètres carrés alentour, jusqu’à être creusées sous la Loire voisine ces dernières années à d’importantes profondeurs pouvant excéder 400 mètres.

Les 153 mineurs et salariés de la mine angevine devraient se voir proposer des reclassements au sein du groupe en France ou des plans de départ organisés dans d’autres cadres, volontaires ou sociaux.

« C’est évidemment un choc, certains ont beaucoup d’ancienneté dans ce métier. Les gens ont déjà connu des mesures de chômage partiel, ils connaissent les raisons, le constat d’épuisement de la ressource, les pertes cumulées sur cinq ans, s’élevant à 17M€, avec extraction de la roche à moins 400m, de moins en moins compétitive face à des carrières à ciel ouvert dans d’autres régions du monde », explique M. Raphaël Leclerc directeur de la communication des Ardoisières d’Angers.

Un certain nombre de contrats commerciaux vont toutefois se continuer durant près d’un trimestre, jusqu’à la fin des contrats en cours et des réserves d’ardoise disponibles.

M. Philippe Dufour, Directeur Général du site des Ardoisières d’Angers a annoncé cette cessation d’exploitation aux personnels ce lundi : « Le personnel réagit avec calme. Les syndicats vont présenter des contre-propositions pour la forme mais leurs délégués savent exactement ce qu’il en est depuis déjà longtemps, ce n’est une surprise pour personne après près de 600 ans d’exploitation locale de cette ressource. Ce qui n’enlève en rien au caractère douloureux de la mesure », ajoute M. Leclerc.

La sté des AA maintiendra une activité de retraitement des rebuts de l’exploitation destinée aux activités du paysage, à partir d’un volume évalué à 15.000 tonnes par an (voirie, jardins, murs en pierre sèche, BTP, etc.).

Les mineurs d’Angers-Trélazé sont également à l’origine du syndicalisme à la française dès la fin du XIXe siècle, s’étant organisés de façon à faire reconnaître la notion de droit des salariés à une époque où le patronat des ardoisières – comme la plupart de ses pairs industriels – fournissait le gite et le couvert aux ouvriers, l’éducation de leurs enfants et des soins de santé en contrepartie d’un travail non limité dans la durée et dans l’âge des individus eux-mêmes.

 

Ernest-Antoine Seillère a dirigé les ardoisières d'Angers

Un temps dirigées par le Baron Ernest-Antoine de Seillière, les Ardoisières d’Angers et leurs voisines d’Anjou et du Segréen ont connu de nombreux plans sociaux depuis le début des années 80, devenant au fil du temps une activité emblématique du savoir-faire des mineurs de cette région. L’ex dirigeant du patronat français avait été le premier à imposer des mesures sociales de réduction des effectifs dans ce secteur minier producteur d’ardoise.

Une autre réunion du Comité d’entreprise est prévue le 29 novembre pour préparer les étapes à venir pour le personnel et l’entreprise elle-même.

 

Christophe Journet

Voir aussi sur :

http://www.ardoise-angers.fr/

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