Accueil Actus en Libre accès IDENTIPLAST 2013 : Zéro utopie ou pari gagné?

PARIS (MPE-Média) - 66% des participants à la conférence internationale Identiplast 2013 ce jeudi à Paris pensent que l’objectif de « zéro plastique en décharge » est un but qui doit être atteint, 27% que c’est un concept qui mérite d’être développé plus tard, 2% que cela représente plus une contrainte qu’une opportunité, 2% qu’il s’agit d’une idée irréaliste. Débat en léger différé.

PlasticsEurope aurait-il lancé un vrai pavé dans la mare en intitulant son colloque 2013 « Zéro plastique en décharge en 2020 »? Le débat en cours au CESE ce jeudi après-midi sous-tend cette thèse ☺

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GD : Koos van Haasteren, Patricia Blanc, Laura Shields, Eric Brac de La Perrière, Vanya Veras (ph CJ MPE-Média)

« Chez Municipal Waste Europe, nous pensons surtout qu’il est important de nourrir la réflexion des uns et des autres en se fixant des défis », ajoute Vanya Veras, déléguée générale de Municipal Waste Europe à Bruxelles, participante à une table ronde d’Identiplast 2013.

« On sait bien que même si on met tous les plastiques au recyclage, seuls 50% d’entre eux pourront être retraités à l’heure actuelle. Si on dit cela au public et qu’au final, il n’y a que 50% des plastiques usagés qui sont recyclés ou valorisés, cela risque de créer de la confusion», estime Eric Brac de la Perrière, DG d’Eco Emballages, l’éco organisme de référence pour la gestion des emballages usagés.

Identiplast affiche toutefois bien ce thème pour ses deux journées de colloque international sur le recyclage et la valorisation totale ou énergétique des plastiques usagés. Stragégie ou but non réaliste?

 

Réunir les maillons de la chaîne

« Avec un objectif aussi ambitieux que zéro plastique en décharge, cela suppose qu’il y ait plus qu’une réponse à proposer : il faut une réponse politique, qui pourra aussi être fiscale, une réponse industrielle avec tous les maillons de la chaîne du recyclage, moi j’ai eu du mal à voter », admet Patrica Blanc, Directrice de la Prévention des risques au Ministère de l’Ecologie, énarque et pilier du développement durable à la française depuis quelques mois.

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C’est le marché qui décide au final

« Je crois que c’est le marché qui décide au final. D’autant que l’industrie du recyclage est encore une industrie fragile. S’il doit y avoir un jour une réglementation différente, il faut que celle-ci ne mettent pas en difficulté les PME qui travaillent pour retraiter et revendre ces nouvelles matières », explique Eric Brac de la Perrière, mentionnant le problème que pose le bas niveau des prix des matières recyclées aux entreprises du recyclage dans la période.

« Il faut que le public prenne conscience du fait que le plastique a trop de valeur pour être gaspillé. Les consommateurs ont à développer une conscience des impacts pour la nature. Les acteurs doivent se concerter davantage pour progresser plus », ajoute Koos van Haasteren, Vice-Pdt pour l’Europe de la société SABIC.

« Mutualisation des coûts ou non, c’est aussi un vrai sujet. De quoi doit-on parler ? A mon sens, il faut d’abord agir sur les plastiques et essayer d’avancer prudemment. Nous avons fait une expérimentation sur 6% de la population française. Le premier renseignement est que ni l’industrie, ni les consommateurs ne sont prêts à atteindre cet objectif, mais il faudrait étendre cette expérimentation à l’Europe sur 15 ou 20 millions d’habitants pour y voir plus clair », renchérit Eric Brac de la Perrière.

Le choix de la cible

« C’est une cible dans la cible. Ce qui compte pour les collectivités européennes et de pouvoir se fixer des objectifs, sans commettre l’erreur courante de confondre les seuls emballages avec l’ensemble des plastiques. Il y a du plastique dans les ordinateurs, dans les bouteilles, il y a donc un double problème de tri et de qualité des plastiques. Il faut savoir ce que l’on collecte et comment. Mon expérience professionnelle avec des utilisateurs, des producteurs, en tant que conseillères en emballages puis actuellement avec les pouvoirs publics européens me fait penser qu’on ne peut pas dire d’un coup d’un seul qu’on va tout trier, tout retraiter, tout valoriser », répond Vanya Veras (MWE).

 

Fixer des objectifs par filière

« Nous tenons à ce que l’organisation par filière soit respectée mais que celle par matériaux puisse aussi exister, car c’est important pour les professionnels », réagit Patricia Blanc (PR MEDDE).

A la question « quel est le principal obstacle au développement du recyclage des plastiques », les participants présents répondent à 45% que c’est le manque d’efficacité des schémas de collecte, 28% que ce sont les barrières technologiques à franchir, 15% les contraintes règlementaires qui pèsent sur l’exercice et 10% le déficit d’image des matières recyclées.

« Il faut bien voir qu’à la fin ce sont toujours les usagers, les consommateurs qui paient et il faut dont être prudent, d’autant que des taxes existent pour développer les collectes et qu’elles ne sont pas toujours utilisées. Il y a certainement beaucoup à faire pour améliorer les collectes », répond Eric Brac de la Perrière (Eco Emb.).

« La conception et le design des emballages a aussi un impact énorme sur le recyclage au final », ajoute Koos van Haasteren (SABIC).

 

Trois étapes à franchir, dit Mme Veras

« Il y a trois étapes à respecter : le design et l’éco-conception, pour que les matières soient ensuite faciles à recycler ; l’amélioration des méthodes de collecte, de façon évidente ; enfin le choix entre plusieurs façons de trier, de choisir, de fixer les niveaux de qualité à partir desquels nous allons recycler ou non les matières arrivées au stade de déchet », déclare Vanya Veras (MWE).

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Comment augmenter le taux de recyclage des plastiques ?

La question suivante portait sur la meilleure façon d’augmenter le taux de recyclage des plastiques en Europe : faut-il rendre obligatoire un seuil minimal ?

36% des participants d’Identiplast répondent « oui, absolument, avec un minimum de 40% des plastiques recyclées ». 37% répondent « oui, mais avec le temps, en accord avec la progression des technologies disponibles dans la période » et 26% répondent « non, arriver à réduireà zéro le volume de plastiques enfouis sera suffisant ».

Pour le ministère public, il faut et il suffit de suivre « la feuille de route de l’économie circulaire » - est-celle de la « conf environnementale » NDLR – et « d’appliquer méthodiquement l’objectif ambitieux que l’on se sera fixé », ajoute Mme Blanc.

« Le but est de ne pas oublier la raison pour laquelle nous faisons tout ça, l’objectif de décarbonation, de lutte conre le réchauffement climatique, de réduction de 75% des émissions de carbone et de favoriser la décarbonation de nos économies. Scientifiquement, les solutions seront disponibles dans quelques années », fait remarquer Koos van Haasteren.

A la question (attendue) de la juste mesure entre le recyclage et la valorisation énergétique, le public répond à 49% que cela dépend des conditions nationales et même locales, 28% qu’un taux de 60% de recyclage et 40% de valorisation énergétique et 6% qu’un taux de 50/50% serait suffisant.

 

Un long chemin restant à faire

A la question « est-ce que la valorisation énergétique des plastiques bénéficiera un jour du même degré d’acceptation que le recyclage», 39% du public d’Identiplast répond « oui, mais il reste encore un long chemin à faire », tandis que 39% restent prudents en répondant « non, c’est inconcevable » et 21% pensent que « oui, d’ailleurs nous parlerons bientôt de recyclage énergétique des plastiques».

« En fait, il y a un clivage en France, à cause du nucléaire et du débat en cours sur l’énergie », répond spontanément Vanya Veras.

« Au niveau national, la valorisation énergétique issue de l’incinération reste très minoritaire dans le mix. Nous ne sommes pas encore très bons élèves sur la valorisation de l’énergie issue de l’incinération des matières. Nous l’encourageons mais elle restera toujours la deuxième priorité après le recyclage matières, qui reste prioritaire pour nous lorsqu’il est possible. Certains plastiques ne peuvent pas connaître d’autre sort », répond Patrica Blanc pour l’Etat français.

« N’opposons pas les deux thèmes, ils vont de paire, ça se complète et bien heureusement d’ailleurs », tranche Eric Brac de la Perrière.

On le voit, les producteurs, les utilisateurs, les négociants de nouvelles matières premières et les pouvoirs publics ou leurs représentants ont encore quelques heures de beaux débats à vivre durant les mois et les années à venir. S’ils n’avaient pas à prendre des décisions dans un délai que l’Union européenne ne va plus tarder à fixer, tout serait parfait au Royaume de Danemark ☺

 

Priorité à la collecte

« Chaque personne qui collecte devient acteur du recyclage. Il faut faire attention aux coûts aussi, c’est la première priorité pour que les plastiques recyclés soient aussi compétitifs que la matière vierge », souligne à ce stade du débat le Directeur général d’Eco-Emballages.

« Le design pour le recyclage, l’éco-conception nous semble vraiment être la première priorité », estime de son côté la déléguée générale de Municipal Waste Europe. Laura Shields opine du chef : la journaliste résiste à l’envie de dire ce qu’elle en pense, préférant rendre la parole au public.

En fin de débat, le prix EPRO (European Association of Plastics Recycling and Recovery Operations) du meilleur produit en plastique recyclé de l'année a été attribué  parmi trois finalistes choisis par un jury de professionnels à William Hayes et la société Green Warehouse Ltd de Bristol (R.U.) pour leur poubelle "U-Bin" en polypropylène recyclé destinée au marché des écoles et des bureaux, au design très innovant.

(A suivre)

Christophe Journet

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Twitter: #Identiplast

@mpemediatwit

www.identiplast.eu/fr/

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Mis à jour (Vendredi, 29 Novembre 2013 00:43)

 

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