Accueil Actus en Libre accès 2ACR veut accélérer le Recyclage des plastiques

PARIS (MPE-Média) – Un « contrat d’expérimentation pour accélérer le recyclage des plastiques en France » a fait l’objet d’une présentation et de tables rondes récemment à Bercy, où était présentées les conclusions d’une étude poussée sur la chaîne de valeur du recyclage des plastiques en France réalisée par Deloitte pour le compte de l’Association Alliance Chimie Recyclage (2ACR), l’ADEME et la Direction générale des entreprises à Bercy. Détails.

Quatre défis sont à relever de façon simultanée pour accélérer le développement de la filière des plastiques issus du recyclage, précise l’Association Alliance Chimie Recyclage (2ACR), que préside M. Michel Valache, par ailleurs dirigeant de Veolia propreté et Président de la FNADE, la Fédération Nationale des Activités de la Dépollution et de l’Environnement.

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- L’accès économique aux ressources-déchets « plastiques » dispersées et diffuses, qui suppose le développement des collectes et une vraie culture du tri chez l’ensemble des français ;

- Des mécanismes d’amorçage sur l’ensemble de la chaîne de valeur, pour lancer cette
nouvelle économie,
en la rapprochant des méthodes industrielles les plus efficaces ;

- Le développement de la production et de l’utilisation des combustibles solides de récupération (CSR) produits par les recycleurs, pour la valorisation
énergétique des refus de tri et à terme la vente des CSR aux producteurs de chaleur et/ou d’énergie ;

- Le développement de nouveaux « produits », fabriqués en France à partir des déchets-
ressources recyclés et régénérés.

Changement de comportement requis

« Ces actions supposent un changement de comportement tant entre industriels (nécessité d’un partage de la valeur) que dans les rapports avec les pouvoirs publics et les collectivités locales (démarches concertées, collaboratives, inscrites dans le moyen/ long terme) », note la déléguée générale et porte-parole de 2ACR Claire Dadou-Willmann, l’une des coachs de cette étude qui démontre l’opportunité économique de l’apport d’aides publiques et privées au développement du secteur.

Ce travail a réuni autour des mêmes préoccupations huit organisations professionnelles (UIC, PlasticsEurope, Elipso, Federec, Fnade, Fédération de la plasturgie et des composites, CCFA, ATHIL) et trois éco-organismes(Eco- emballages, Ecosystèmes et Ecologic) dans la foulée des choix inscrits dans le « contrat de filière Chimie & Matériaux » et de ceux qu’impliquent les plans de relance industrielle de la France.

Les tables rondes du 23 mars dernier ont permis aux acteurs de définir quelques constats chiffrés (volumes, coûts prévisionnels des projets à engager)et peut-être même d’avancer vers des programmes ultérieurs concrets, même si l’économisme ambiant « Shumpeterien » tel que décrit par le fondateur d’Asterès Nicolas Bouzou n’en facilitait pas a priori l’entendement, à l’opposé des présentations d’Erwan Harscoët, l’émissaire du consultant Deloitte.

Etude comparée

Nous retiendrons pour notre part les constats suivants : « Quand on compare les pratiques du recyclage des plastiques en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, on voit que le seul marché ne fait pas tout, ne résout pas tout. Il faut des règles étatiques claires pour réduire l’enfouissement des déchets plastiques et augmenter la valorisation et le reyclage des plastiques », a déclaré le DG Ouest Europe de PlasticsEurope Michel Loubry lors d’un échange avec d’autres dirigeants d’Eco-Emballages, d’ELIPSO (producteurs d’emballages plastiques et souples), Coca-Cola – qui a construit son propre site de recyclage et de production de bouteilles à partir de ses propres déchets à Grigny, Essonne – ou encore de la firme TT Plast, prestataire du groupe Auchan pour ses sacs en plastique, qui a fait breveter une nouvelle matière plastique issue du recyclage de déchets plastiques triés à l’aide de moyens technologiques avancés.

 

Que retenir d’autre de cette rencontre suivie par près de 250 à 300 professionnels reçus au Ministère de l’Economie ? Plusieurs choses : focaliser sur la question des volumes de plastiques à recycler exportés en Chine ou en Asie contredit la volonté d’industrialiser la filière, d’optimiser les collectes, d’augmenter la capacité des ETI et PMI-PME de l’hexagone à retraiter du PET, Flex PET, PEG, PVC, tandis que d’autres pays profiteraient quoiqu’il en soit de l’abandon de parts de marché à l’export si les industriels français du recyclage des plastiques écoutaient davantage les sirènes de ceux qui réclament « une plus grande transparence du marché » (sic) alors que d’autres font remarquer que « tout dépend du prix des matières, qu’elles soient vierges ou issues du recyclage ».

Une dirigeante du producteur français SEB l’a exprimé on ne peut plus clairement, précisant que « SEB vise à pouvoir utiliser le plastique recyclé au même titre que le plastique vierge, à condition qu’il soit homologable par ses clients ». Mais cette question du prix des plastiques ou des produits de base fossiles ou issus de la récupération, « imprévisible » pour les uns, « très volatiles » pour les autres, avec un écart à peu près constant entre le vierge et le recyclé, demeure une source d’inquiétude, en particulier pour les industriels du recyclage : « ça fait soixante ans que nous nous adaptons à la volatilité des prix du polyéthylène et finalement nous progressons », a reconnu Serge Vassal, dirigeant du groupe BARBIER.

300.000 tonnes à collecter en plus/an

En fin de compte, si 300.000 tonnes de déchets plastiques collectés supplémentaires par an permettent de créer 2.400 équivalents temps pleins « à condition de contractualiser et de subventionner à près de 100 euros/tonne cette augmentation des collectes, ce qui représente un investissement étatique de 30 M€/an » selon Deloitte, le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

« Mais pourquoi ce chiffre de 100€/tonne », a fait remarquer à juste titre notre consoeur de Recyclage récupération Catherine Moncel : minimum minimorum, ou concession permettant de faire respecter quelques nouvelles règles notamment fiscales aux acteurs ? L’Europe va-t-elle accepter cette nouvelle subvention nationale à la production de matière recyclée vierge, sachant qu’elle les réprouve pour d’autres productions ?

La réponse est sans doute dans les propos du représentant de l’Etat Baptiste Legay (Direction Générale de la Prévention des Risques, au Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie) déclarant en fin de partie que « l’économie circulaire est à présent une politique d’Etat, bientôt inscrite dans la loi de Transition énergétique pour la croissance verte », parlant sous le regard satisfait du Député Pdt de l’Institut de l’Economie Circulaire François-Michel Lambert, arrivé en cours de réunion afin de pouvoir sinon s’exprimer en direct « live », du moins féliciter les auteurs de cette étude prospective très « circulaire » et échanger avec Michel Valache, Pdt de la FNADE et de 2ACR qui venait d’avoir le mot de la fin : « ce contrat d’expérimentation que nous appelons de nos vœux est un véhicule, une opportunité industrielle qui permettra de multiplier par cinquante au moins les collectes et le recyclage des plastiques en France. Mais compte tenu de la baisse des prix du pétrole, nous aurons besoin d’un mécanisme de sécurisation du financement approprié, car selon les polymères considérés, c’est de 50 à 20 euros/tonne recyclées qui pourraient faire défaut à l’arrivée et mettre en danger les emplois créés par les industriels », a-t-il souligné.

D’où la conclusion écrite par Deloitte et 2ACR et leurs partenaires : « Ces actions supposent un changement de comportement tant entre industriels (nécessité d’un partage de la valeur) que dans les rapports avec les Pouvoirs Publics et les Collectivités (démarches concertées, collaboratives, inscrites dans le moyen/ long terme). » Un changement salutaire s'il a lieu, à en croire une dirigeante d'entreprise du recyclage des plastiques en fin d'amorçage, qui nous confiait son désarroi face à la lourdeur des obligations fiscales et administratives comparées à une quasi absence d'aides au lancement de son activité voici trois ans.

Christophe Journet

 LOGOS_FILIERE_RECYPLAST

Voir aussi sur :

www.2acr.eu

PROMO_2015 - copie

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Mis à jour (Vendredi, 27 Mars 2015 12:04)

 

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