Accueil Industrie Les Actus Pétrole : Impacts marchés à venir difficile à mesurer

PARIS (MPE-Média) – La chute du prix du baril de Brent de 10 dollars en 24h de près de 45 à 35$ suite à l’annonce saoudienne d’une baisse de ses prix à terme suivie par une hausse de sa production dès avril a fait chuter les bourses, les prix des non ferreux, pourrait entraîner au T2 ceux des plastiques issus du recyclage. Mais le « coronavirus » a bon dos selon nos sources. Explications.

Comme en 2007-2008 lors de l’épisode dit de la crise des « subprimes », le coronavirus COVID-19 et la chute de la demande globale en pétrole qui s’en est suivie semble avoir bon dos. Appliquez le vieil adage « à qui profite le crime » et vous y verrez plus clair : Le leader mondial de la production de pétrole Saudi Aramco, de mieux en mieux installé dans ses produits dérivés et la pétrochimie grâce au rachat de SABIC, peut s’en sortir quelque temps avec un baril de Brent à 30$ (10$ pour Saudi Aramco, 20$ pour le budget du Royaume) tandis que c’est un peu moins le cas pour les russes et les Kazakhstanais, dont le prix d’équilibre est légèrement supérieur à 30$/baril.

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Les flux des différentes résines issues du pétrole, du gaz et du charbon (Source Bofa Research)

Par contre, la chute du prix du West Texas Intermediate (WTI) ou prix du baril de brut américain autour de 32$/b. est nettement plus critique pour les pétroliers et gaziers US, alors que plusieurs états américains hormis ceux du Golfe du Mexique sont redevenus importateurs nets de pétrole ces derniers mois. Or le prix d’équilibre du baril US avant transformation en essence, en gaz naturel liquide ou en éthylène après passage en cracker est supérieur à 40-45$/b. L’Agence internationale de l’Energie (IEA) anticipe en mars une contraction de la demande réelle en pétrole en 2020, en notant que l’existence du virus ne fait qu’ajouter aux incertitudes inhérentes au marché lui-même qui demeure fluide pour l’instant. Mais pour combien de temps ?

 

Certains analystes parlent de « krach boursier »

La « guerre des prix » entre saoudiens, russes et américains engagée peu après la réunion de l’OPEP à Vienne le 6 mars, suite au refus russe de réduire la production, voit à la fois les prix du Brent et du WTI plonger ce 9 mars à leur plus bas niveau depuis 2009 et les cours en bourse des pétroliers Saudi Aramco incluse chuter de 6 à 10 points selon les pays. Certains analystes parlent de « krach boursier ».

D’autres analystes moins affectifs comme Roger Carvalho, gérant de SPTEC Advisory et consultant auprès de porteurs d’actifs pétroliers pour le compte de grandes banques, parlent plus simplement d’une nécessaire remise en perspective de marchés très dérégulés depuis la dernière crise financière mondiale de 2008-2009, dont personne n’a tiré les leçons depuis mais dont les tendances et les impacts allaient dans le mur depuis plusieurs années quoiqu’il arrive, avec ou sans coronavirus.

« Il est essentiel de s’interroger sur la valeur des matières premières sans a priori. Il faudra attendre le début du 2ème trimestre pour y voir plus clair car pour l’instant le baril sortant est toujours au prix d’avant et la chute du prix concerne les achats d’avril, mais déjà, depuis quelques mois, l’or augmente régulièrement, dépasse les 1 600$/l’once, les investisseurs sentaient venir un problème et l’utilisent comme valeur refuge », explique Roger Carvalho.

 

« Frac-pocalypse » en vue

Bank of Amerika vient juste de réaliser une enquête sur les risques à venir pour l’industrie pétrochimique, liés à la hauteur record des stocks de gaz naturel liquide et de ceux à prévoir lorsque le recyclage chimique des polymères sera devenu compétitif, au point de parler de « Frac-pocalypse », d’apocalypse du fracking d’éthane en éthylène et polyéthylène.

Le Coronavirus, qui inquiète les entreprises du plastique en France et en Europe car il les désorganise, sera alors oublié depuis quelques lunes. Mais nul ne peut dire aujourd’hui dans quelle mesure les recycleurs de plastique seront touchés dès le printemps par la probable chute des prix des granulés vierges, issus du pétrole. En attendant de savoir si les prix à la pompe vont baisser en proportion de ceux du pétrole, Bercy continue à parler davantage de la chute de « l’économie et du PIB 2020 » que de celle des prix des matières primaires et/ou recyclées. Et semble avoir déjà oublié que la crise des Gilets Jaunes est née d'une volonté de taxer davantage les carburants.

 

Christophe JOURNET

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Mis à jour (Samedi, 21 Mars 2020 18:11)

 

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