Accueil Internet / Politique Politique Sénat : François Bayrou, le Plan et la crise en cours

PARIS (MPE-Média) – Il aura été beaucoup question des conséquences de la pandémie en cours tant économiques qu’humaines durant l’audition du Haut-commissaire au plan François Bayrou par les sénateurs, visiblement curieux de comprendre comment l’ex ministre va pouvoir agir au plan. Extraits.

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François Bayrou Haut-commissaire au plan face aux sénateurs (Capture d'écran MPE-Média)

Hommage à Jean Monnet, en charge des plans de la France au 20ème siècle, évocation de la question de la dette des états qu’il considère en avouant n’avoir pas entendu de solution viable en l’état à sa résolution, explications sur ce qu’il compte faire avec une équipe réduite à une quinzaine de personnes qualifiées réparties à Paris aussi bien qu’en province dont Pau, sa ville d’origine, l’intervention de l’ex ministre et candidat à la Présidence de la République François Bayrou ne manquait pas de substance.

On sent l’inquiétude dans ses constats, même si M. Bayrou se dit « persuadé qu’on va s’en sortir », lorsqu’il anticipe un désastre pour l’aéronautique française, un choc « anthropologique » causé notamment par le télétravail et ses risques induits de désocialisation.

François Bayrou voit l’incertitude dominer les marchés, ce qui « n’augure rien de bon pour les investisseurs ». Mais ses réponses aux sénateurs de la commission des affaires économiques laissent penser qu’il distille adroitement « un optimisme de résilience » et le niveau de peur nécessaire à justifier la recréation de cette haute fonction, entre l’expression de sa « grande crainte pour la jeunesse » et allusion aux millions de morts de la grippe asiatique de 1918.

 

« La puissance publique pousse à la solitude »

« La solitude est l’un des aspects de la pauvreté, parfois plus cruelle encore », prévient le Haut-commissaire au plan en réponse à une question d’une sénatrice : « trois personnes avec 700 euros ça fait 2 100 euros et c’est plus facile qu’une personne avec 700 euros mais notre système est construit entièrement pour empêcher ça », dit M. Bayrou qui ajoute : « la puissance publique pousse à la solitude alors que la première solution ne coûte pas un euro de plus (…) s’il n’y a plus que la misère sans appareil productif voyez l’immense tâche que nous avons devant nous ».

Interrogé sur la 5G M. Bayrou se dit confiant dans son innocuité pour les populations et son utilité réelle dans le contexte actuel de crise : « je pense que la 5G est une partie de la solution », dit-il en rappelant que la ville de Pau est très engagée dans le digital via un projet de smart city.

 

« Le langage qui est devenu le nôtre n’est plus celui que les gens parlent »

 

« Comment redonner espoir à la jeunesse », interroge un sénateur du Morbihan, préoccupé aussi par le sort des territoires ruraux.

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François Bayrou : "Les français ne nous comprennent pas" (capture d'écran MPE-Média)

Interrogé par les sénateurs sur les processus de décision en France, l’ancien ministre de l’intérieur du gouvernement Philippe 1 note que « le langage qui est devenu le nôtre, administrateurs, hauts fonctionnaires et autres, n’est plus le langage que les gens parlent ». Une question de démocratie à repenser car « les français ne nous comprennent plus », dit-il.

À propos du télétravail, M. Bayrou explique « qu’au mieux il est fait pour le tertiaire, pas pour les usines. » À propos des décisions étatiques et de leurs impacts dans les territoires, M. Bayrou note que « la somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général (…) Oui, nous sommes dans cette audition dans un signe de rupture. Oui, beaucoup de gens pensaient que ce temps était révolu mais je pense qu’il est nécessaire d’en revenir à ça ».

 

« Énergie : On ne peut pas continuer à fermer des tranches de nucléaire pour brûler du charbon »

Concernant l’énergie, M. Bayrou dit que « si on considère que la lutte contre le réchauffement climatique est essentielle, on ne peut pas continuer à fermer des tranches de nucléaire pour brûler du charbon. Je crois beaucoup dans le photovoltaïque mais je suis embêté par l’éolien car il y a une forme de rejet».*

En réponse à une sénatrice sur l’énergie, il dit que « oui l’État aurait dû intervenir auprès de nos amis allemands lorsqu’ils ont décidé de sortir du nucléaire, sans se préoccuper des conséquences ».

En réponse à une dernière série de questions, notamment sur le mode de travail entre le Haut-commissariat au plan et les instances étatiques, François Bayrou dit « qu’en réponse à l’opacité de la finance, l’État ça sert à ça, à créer un continuum parce que nous sommes une nation qui se reconnaît dans cet État (…) Nous avons une histoire d’unité, la question est de savoir comment faire pour la garder, la prolonger ». 

À propos de l’accès des jeunes au numérique dans les territoires, souvent limité, l’ex ministre répond « qu’on doit mettre en place des outils dans ces communes qui soient garantis en réseaux et ouverts à tous, aux étudiants comme à ceux qui sont en télétravail, tant qu’on n’aura pas toutes les maisons alimentées, la réponse ne peut être qu’en service public. Les universités sont dans une situation difficile, il faut les y aider. Le rôle que jouaient autrefois les bibliothèques doit être tenu par la puissance publique (…) Je pense qu’on va trouver des outils qui vont apporter une réponse à l’illettrisme, à ceux qui ne trouvent pas de débouchés faute de formation, l’apprentissage y participe, je crois que nous avons des atouts différentiels remarquables ».

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François Bayrou et Sophie Primas, pdte de la Commission des affaires économiques du Sénat (capture d'écran MPE-Média)

Un sénateur lui demandant comment il compte réinstaller la pratique du plan, notamment pour réindustrialiser les territoires ruraux, M. Bayrou explique que « le mouvement des temps va ouvrir une fenêtre d’action sur ces sujets. On peut harmoniser les questions d’accès lointain avec une présence humaine garantie. Avec quelqu’un d’équipé et avec une formation au numérique. Je suis d’accord pour le faire. Le numérique est-il la solution ou le problème ? On sait depuis Ésope que le langage est à la fois la solution et le problème (…) L’essentiel de l’action publique ce n’est pas de donner des solutions à tout le monde c’est de donner des raisons de vivre (…) ».

« Le plan est-il compatible avec une société ultra-libéralisée ? Comment allez-vous faire accepter la planification », demande un sénateur : « Est-ce que la consommation est le but de tout ? Non, la réussite ce n’est pas la Rolex. Est-ce que le mot de plan est bien choisi ? Pourquoi l’ai-je choisi ? Parce que c’est un thème historique (…) Un mot sur le CETA : Qui en a profité ? C’est la France, le chiffre d’affaires notamment des productions agricoles a explosé, on peut avoir du discernement, je crois que c’était assez juste ».

Un autre sénateur le citant se disant « opposé au reconfinement généralisé » sur une radio de service public, celui-ci répond que « c’est vrai, d’ailleurs on n’a pas vu de reconfinement généralisé, pour trois domaines, notamment les EPHAD qui n’ont pas été refermés (…) Notre privilège à nous n’est pas de tout prévoir mais de réduire les incertitudes, sur le numérique, sur l’énergie, pour avoir une démarche cohérente (…) Qu’est-ce qui fait que les asiatiques ont mieux résisté ? Parce qu’ils avaient l’habitude des masques, sans doute aussi se touchent-ils moins depuis longtemps, des décennies voire plus. Sur la côte basque, l’extrême liberté que les gens ont adopté cet été a sûrement joué un rôle sur la façon dont l’épidémie a redémarré ».

Concluant l’audition, la sénatrice Sophie Primas (LR, Yelines) s’est dite confiante dans l’action du Haut-Commissariat au plan, voulant « expliquer aux jeunes que c’est une chance d’être français ».

Christophe JOURNET

Rédacteur en chef de MPE-Média

 

*Le groupe Engie vient de remporter très récemment le marché de fourniture d’énergie de la communauté d’agglomération Pau Béarn – la région de François Bayrou NDLR - pour approvisionner notamment en hydrogène vert produit à partir d’hydro-électricité la station de production d'hydrogène vert de l'exploitant des nouveaux bus FEBUS, via sa filiale Engie Solutions, qui exploite un réseau de chaleur dans cette localité et via son autre filiale la SHEM (Sté Hydro-électrique du midi, basée à Balma près de Toulouse) fournit de l'énergie à cette station de production d'hydrogène intégrée au réseau local de transports en commun.

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