Accueil Actus en Libre accès Fonderie MBF : Reprise par MSF Ltd en vue

PARIS (MPE-Média) – L’avenir de la fonderie MBF située à Saint-Claude (Jura), en difficulté depuis plus d’un an, est en cours d’examen auprès du tribunal de commerce de Lons-le-Saulnier qui a renvoyé au 17 juillet le choix d’un repreneur. La holding italienne B4 Italie, qui a racheté en janvier 2008 le groupe Metaltemple en France, est toujours sur les rangs de façon indirecte avec une offre de reprise émanant de sa filiale Metaltemple Steel & Foundry (MSF Ltd) qui prévoit la suppression de 180 emplois sur les 450 que compte l’entreprise, en redressement judiciaire depuis le 1er juillet 2011.

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Vue aérienne du site MBF Saint-Claude (ph SD MBF)

Le projet proposé par B4 It. via sa filiale de droit anglais Metaltemple Steel & Foudry Limited a semblé correct aux partenaires sociaux et au Tribunal de Commerce de Lons-le-Saulnier, mais les syndicats souhaiteraient pouvoir étoffer l’effectif futur avec vingt à trente personnes supplémentaires au minimum. « Celles-ci iraient en formation pour reprendre le travail dès que la charge de travail augmentera de nouveau », précise un délégué syndical national.

« En fait, c’est Metaltemple Steel & Foundry investment Limited, société holding du groupe Metaltemple, basée au Royaume-Uni, qui a déposé le projet », nous confirme une source proche du dossier chez MBF, qui a rencontré deux fois M. Gianpiero Cola PDG de B4 et de MSF Ltd, ainsi que sa femme, Mme Claudia Colla, PDG de Metaltemple à Saint-Jean-de-Maurienne.

Le capital sera détenu directement ou indirectement par la Sté MSF Ltd et/ou par son PDG M. Gianpiero Colla. Mme Claudia Fantino sera nommée Présidente de cette société future qui devrait s’appeller MBF Aluminium par la suite et être gérée par MSF Ltd, dont le siège social est à Wickford, dans l’Essex, au Royaume-Uni. Le siège social de MBF Aluminium resterait dans cette hypothèse à Saint-Claude.

Actuellement, le carnet de commandes de MBF se répartit aux deux tiers pour PSA et un tiers pour Renault. De nouveaux projets de fabrication de pièces automobiles sont à l’étude, en fonderie sous pression, spécifique pour l’aluminium. MBF a aussi ouvert une ligne de fabrication pour BMW pour une petite série avant 2007, qu’elle poursuit toujours.

 

Ex groupe Arche

La fonderie MBF appartenait précédemment au groupe Arche qui s’en est séparé voici un an mais en est toujours juridiquement propriétaire depuis le dépôt de bilan intervenu en juillet 2011. MBF avait appartenu auparavant au groupe Leman Capital, une holding financière suisse. MBF a déposé son bilan le 1er juillet 2011.

« MBF dépend encore juridiquement du groupe Arche, qui considère à présent MBF comme un concurrent. Pour tourner, il faut à MBF produire près de 50 tonnes par jour. Sans enlever du tonnage aux autres », note une personne proche du dossier à Saint-Claude.

« C’est une fonderie importante en volume mais qui ne peut vivre qu’avec le soutien quantitatif des constructeurs », soulignent nos sources. MBF produit environ 32 tonnes par jour contre 80 à 90 tonnes jour avant la crise, en travaillant alors sept jour sur sept avec un effectif de plus de 900 personnes.

 

Alliage AS9 U3

Les produits phare de MBF sont des carters de boîtes de vitesse, des moulages en aluminium, en alliage spécial dit AS9 U3 ou Al SI9 Cu3, avec un cahier des charges aux normes automobile, contrôlant le taux en calcium, la porosité, d’autres facteurs, livré par des sources homologuées. Tout le métal est actuellement livré à MBF en paiement comptant avant expédition, note une de nos sources.

Basée à Avigliani en Italie, près de Turin et du tunnel du Fréjus, B4 Italia – dont le siège social est à Rome - a racheté en janvier 2011 la holding française Metaltemple devenue ensuite « Metaltemple Steel & Foundry Limited », société dirigée par M. Gianpiero Colla, PDG piémontais et dont le siège a été transféré de France à Londres. La note de crédit de B4 Italia est actuellement surveillée de près par les analystes crédit qui travaillent pour les fournisseurs et les clients du groupe Metaltemple SF, suivi par Heuler-Hermès, car celle-ci est beaucoup redescendue récemment suite à l’épisode de crise en cours, malgré un léger mieux perceptible dans le secteur, ces derniers jours seulement.

La filiale Metaltemple SF Ltd de B4 It. compte actuellement 2 fonderies : Metaltemple à Saint-Jean-de Maurienne et celle de Metaltemple Aquitaine (ex fonderie de Fumel), où les fondeurs exploitent une ligne de centrifugation pour chemises en acier de moteurs à combustion.

75% à l'export

Le chiffre d’affaires annuel de ces activités de MSF s’élève actuellement à près de 60 M€ dont 75% à l'export (95% à Fumel et 53% à Saint-Jean de Maurienne). Metaltemple travaille notamment pour Caterpillar aux Etats-Unis, Fiat en Italie, et bientôt VW et BMW en Allemagne, avec qui des contrats sont en cours d’élaboration.

M. Jean-Luc Vieville, le Directeur général du groupe, adjoint de M. G. Colla a déclaré récemment à une de nos sources en Italie que son périmètre d’affaires doit encore se développer : « Nous étudions ces jours-ci des contrats possibles avec d’autres grands constructeurs européens, desquels découleront ou non les évolutions anticipées », a précisé M. Vieville à notre source.

Le tribunal de commerce de Lons-le-Saulnier donnera son verdict en audience le mardi 17 juillet une fois vérifiées quelques informations financières et économiques sur le contexte et les éléments donnés par MSF Ltd et ses dirigeants.

 

L’intersyndicale espère un petit plus

La CFDT et l’intersyndicale de MBF espèrent que les 160 à 180 salariés licenciés pourraient assez rapidement être réembauchés par MBF dans l’hypothèse de nouveaux contrats. PSA resterait le premier client, au moins au départ, suivi par Renault. Des rendez-vous avec la direction du travail du Jura à Lons et avec le Conseil Général du Jura doivent avoir lieu pour trouver des financements utiles à la reprise.

« L’intersyndicale a bien fonctionné, même avec une situation compliquée à vivre. La solution semble tenir la route, la boîte semblant pouvoir être sauvée même si nous devons accepter des licenciements secs et quelques départs en retraite », note Philippe Portier, secrétaire fédéral de la CFDT métallurgie.

Pour certains fournisseurs de MBF, la solvabilité à venir de la fonderie et surtout de son repreneur est la vraie question, celle-ci ne devant pas entraîner de situation comparable à la chute des projets de reprise de Zen en France voici près de trois ans.

 

Ne pas céder à la tentation de tirer sur les prix

« Le risque pour les entreprises en difficulté est de céder à la tentation de tirer sur les prix en allant acheter leur aluminium chez les petits affineurs, qui produisent moins de 25.000 à 30.000 tonnes par an et qui n’atteignent pas toujours les ratios de qualité souhaités et n’ont pas reçu les homologations des constructeurs », explique la même source.

Une autre fonderie basée dans la Loire, le groupe GMD, n’a pas déposé de dossier, faute de garanties de volume explicite émanant des constructeurs automobiles français. « D’entrée, nous avions eu la sensation qu’ils ne voulaient pas reprendre, tout simplement », note un observateur.

MBF a été visitée durant les élections récentes par M. Montebourg, devenu ministre et qui avait accordé du temps aux délégués syndicaux en 2011. « Ni lui ni son chef de cabinet n’ont pris d’engagement compte tenu de la situation dans l’automobile. Concernant les priorités des constructeurs, nous ne nous faisons pas d’illusion, en voyant ce qui se passe chez PSA et Renault, ou ailleurs. Il y a des licenciements dans tous les secteurs. On sent bien que tous les constructeurs sont en difficulté, mais nous voulons nous battre pour obtenir quelques améliorations quantitatives au dossier de reprise, notamment pour les mesures d’âge, les plans de formation », conclut cette source. Toutefois, c’est plutôt un regain d’optimisme qui semble ressortir de l’examen du dossier de reprise de MBF par le Tribunal de Commerce de Lons-le-Saulnier.

On le voit, dans ce dossier comme dans d'autres, les possibles dans le domaine social sont liés au domaine économique d'une façon très fine. Récemment, Saint-Jean Industries, qui a repris dans de bonnes conditions une autre fonderie dans le Poitou devenue Saint-Jean Industrie Poitou Alu, a réussi à optimiser son plan en intégrant tous les salariés souhaitant continuer à travailler dans l'entreprise, en intégrant plusieurs personnes de plus que prévu initialement dans le plan de reprise.

Christophe Journet

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Mis à jour (Mercredi, 26 Octobre 2016 14:42)

 

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