Accueil Actus en Libre accès Florange : M. Mittal éteint le chaud, pas le froid

PARIS (MPE-Média) – L’annonce confirmée ce midi de l’abandon de la phase à chaud d’ArcelorMittal Florange, anticipée par les experts et les syndicats depuis peu, provoque de nombreuses réactions à chaud en dépît de son caractère prévisible. M. Mittal a décliné ce matin notre proposition de prise de parole. Le Ministre du Redressement productif M. Arnaud Montebourg a déclaré ce jour son opposition à cette décision, obtenant un délai de 60 jours pour trouver un repreneur de la phase à chaud. Le groupe déclare vouloir relancer les activités à froid en contrepartie de cette décision qui condamne 629 emplois, pour lesquels le groupe s'engage à chercher des solutions dans ses autres sites de Dunkerque et Fos-sur-mer auxquels le plan de sauvegarde de l'emploi sera étendu.

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Bobines laminées à chaud du temps de la SOLLAC, avant ArcelorMittal (ph SD Archives ArcelorMittal)

C’est la filiale française ArcelorMittal Atlantique et Lorraine du groupe luxembourgeois qui a annoncé ce lundi après 13h la décision, l’intention « de fermer de manière définitive la phase liquide – comprenez les deux hauts-fourneaux P3 et P6 de Florange et d’Hayange – de Florange », et dit s’engager « à conserver les activités aval à haute valeur ajoutée du site et à y investir, à savoir les lignes de laminage à froid d’acier automobiles et celles de traitement de surface et de revêtements d’aciers et d’aciers électroi-zingués (NDLR).

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En 2011, le groupe ArcelorMittal a perdu de l'argent au T4, restant en profitabilité sur l'année mais perdant de l'argent sur l'ensemble du 2nd semestre, malgré une forte proportion d'intégration verticale (Source AMAL)

Bercy a aussitôt réagi en déclarant outre sa ferme opposition à la fermeture des deux hauts-fourneaux,avoir exigé du géant de l'acier qu'il s'associe à la recherche active et durant 60 jours à compter depuis le début octobre d'un repreneur pour les hauts-fourneaux, pour la cokerie locale et pour les autres outils industriels de la phase à chaud, confiant la mission à M. Pascal Faure.

M. Faure a été le rapporteur cet été du dossier d'enquête ministériel sur Florange. Il avait conclu à la viabilité de l'aciérie, tout en notant les raisons pour lesquelles le groupe ArcelorMittal l'estimait non viable dans le contexte européen de l'acier rendu critique par le bas niveau de la demande et par l'existence de surcapacités chroniques que M. Mittal souhaite ainsi réduire.

Le groupe ArcelorMittal précise aujourd'hui les choses de la façon suivante :

« ArcelorMittal Atlantique et Lorraine a rencontré aujourd’hui le Comité Central d’Entreprise afin de faire part de son intention de présenter un projet pour l’avenir du site de Florange.  En raison de la conjoncture économique difficile qui continue d’impacter les économies française et européenne, la société souhaite proposer un projet de fermeture définitive de la phase liquide de Florange et de concentrer ses efforts et ses investissements sur les activités aval du site qui emploient plus de 2.000 personnes », poursuit le groupe.

« Jusqu’à présent, la société avait mis en place une stratégie de fermeture temporaire des hauts-fourneaux de Florange dans l’attente d’éventuels signaux de reprise économique. Or, force est de constater qu’après quatre années de difficultés économiques, aucun retour prochain aux niveaux d’avant crise ne peut malheureusement être espéré. Aujourd'hui, la demande européenne se situe environ 25 % en-deçà de ses niveaux de 2007 », continue le groupe.

« Présenter un tel projet est extrêmement difficile mais il faut se résoudre à l’idée que la phase liquide de Florange ainsi que sa production de brames ne sont plus compétitives dans le contexte de fortes surcapacités européennes. Différents facteurs sont à l’origine de cette situation – en particulier, la position géographique car 400 km séparent le site de Florange du port le plus proche, ainsi que la capacité limitée de production du site qui impacte de manière négative les coûts fixes », déclarent les dirigeants du groupe.

Phase liquide "plus rentable"

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Le "board" d'ArcelorMittal en partie réuni à Luxembourg : MM. Michel Würth, Lakshmi et Aditya Mittal (ph archives MPE-Média)

Sollicité lundi peu avant midi par le biais de la direction globale de la communication d'ArcelorMittal, M. Lakschmi Mittal n'était pas joignable pour répondre à nos questions sur cette décision. Toutefois, certains éléments du communiqué du groupe constituent des éléments de réponses à ces questions : « Bien que la poursuite de l’exploitation de la phase liquide de Florange ne soit plus rentable dans le contexte de surcapacités en Europe, la société a accepté la demande du gouvernement français pour que celui-ci recherche un repreneur pour la phase liquide de Florange au cours des 60 prochains jours. Bien que la cokerie ne soit en aucun cas concernée par un projet d’arrêt, ArcelorMittal a également donné son accord pour l’inclure dans la cession », ajoute ainsi le groupe.

 

629 emplois directement touchés

En parallèle, ArcelorMittal souhaite « vivement engager un processus de dialogue social exemplaire, comme il est prévu dans le cadre de la proposition de fermeture de la phase liquide. Ce projet concernerait 629 personnes. La société a conscience de l’impact de cette annonce pour les salariés concernés et pour leurs proches ». Néanmoins, ArcelorMittal Atlantique et Lorraine est convaincue « qu’il est possible d’éviter tout licenciement sec en recourant aux différents dispositifs existants – notamment les programmes de mobilité et d’accompagnement individuel en tenant compte de la pyramide des âges sur ses sites français – qui seront définis dans le cadre du dialogue social et qui viseront à trouver une solution adaptée à chacun », souligne ArcelorMittal.

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M. Aditya Mittal, directeur financier du groupe et responsable des aciers plats carbone en Europe, parlait de "mesures de ressources humaines à prendre pour Florange" dès l'hiver 2011 (ph CJ MPE-Média)

« La société propose, qu’à l’avenir, les brames destinées au site de Florange continuent d’être acheminées à partir de Dunkerque, ce qui permettra ainsi de maintenir la chaîne de production industrielle en France. »

« ArcelorMittal s’attachera également à renforcer la position du site de Florange comme centre d’excellence dans le développement de produits à forte valeur ajoutée et de haute qualité pour ses clients, principalement ceux du secteur automobile. Cette stratégie est cohérente à plusieurs titres : la situation géographique du site, proche d’importants clients industriels ; l’expertise de Florange et sa capacité à produire des aciers de haute technologie ; les brevets du groupe et la proximité du site par rapport au centre de Recherche et de Développement de Maizières-lès-Metz. »

« L’investissement récent de 7,2 millions d’euros sur la ligne de galvanisation de Florange, qui va permettre au site de produire les plus grandes largeurs d’acier Usibor dans le monde, est un exemple qui traduit déjà la mise en œuvre de cette stratégie. »

ArcelorMittal a « la ferme intention de poursuivre les investissements nécessaires sur le site de Florange afin d’assurer la pérennité des activités aval en Lorraine. »

Impact de la crise économique

« La division Flat Carbon Europe d’ArcelorMittal (Division Aciers Plats Europe), qui comprend ArcelorMittal Atlantique et Lorraine dont fait partie le site de Florange, produit principalement de l’acier pour les secteurs de l’automobile, de l’industrie et de l’emballage. Ces trois secteurs ont été très fortement touchés par la crise économique et la récession. »

« Encore aujourd’hui, la demande européenne se situe toujours à environ 25% en-deçà de ses niveaux de 2007 et toute reprise économique devrait être lente », argumente la direction du groupe luxembourgeois.

Cette situation a également eu des conséquences significatives sur les résultats financiers de la division Flat Carbon Europe du Groupe. La perte d'exploitation au premier semestre, clôturé au 30 juin 2012, s'élève à 340 millions euros, après une perte de 499 millions euros au cours du deuxième semestre de l’année 2011. Les investissements de Flat Carbon Europe ont atteint 1 milliard de dollars en 2011.

Cependant, malgré le contexte économique difficile, ArcelorMittal continue d’accorder à la France une place primordiale. Le Groupe y gère plus de 50 activités industrielles réparties sur 150 sites et emploie près de 20 000 personnes. 35 % de la production européenne d’acier plat se fait en France, et ce, bien que la consommation du pays ne représente que 10 % du marché sur ce secteur dans l’Union Européenne.

La France, "un pays essentiel pour ArcelorMittal"

« Le résultat d’exploitation d’ArcelorMittal a été fortement impacté par la situation économique et la récession en Europe. Après quatre années d’un environnement économique difficile et compte tenu du fait que la demande d’acier reste fortement inférieure à ses niveaux d’avant crise, nous sommes malheureusement arrivé à la conclusion qu’il fallait réorganiser nos activités opérationnelles afin de permettre à notre entreprise d’être suffisamment forte en France et en Europe pour affronter les difficultés que nous rencontrons. ArcelorMittal a pleinement conscience qu’il s’agit d’une nouvelle très difficile pour les personnes concernées et leurs proches. Il est toutefois essentiel de souligner que cette étape ne signifie en aucun cas la fin de l’industrie sidérurgique en Lorraine, bien au contraire. Nous allons continuer d’investir à Florange et d’apporter au site toute l’attention qu’il convient pour qu’il devienne un important centre de transformation pour le développement d’acier à haute valeur ajoutée et de grande qualité pour les secteurs de l’automobile, l’industrie et l’emballage. La France reste un pays essentiel pour ArcelorMittal. C’est là qu’est réalisé 35 % de notre production européenne et c’est là que se trouve le siège de nos activités de Recherche et Développement. », explique en conclusion M. Robrecht Himpe, Directeur général de la division Flat Carbon Europe et membre du Comité de direction d’ArcelorMittal, qui avait rencontré M. Montebourg à Bercy en compagnie du PDG d’ArcelorMittal Atlantique Lorraine M. Hervé Bourrier récemment à Bercy.

Les leaders syndicaux de la métallurgie, quoique sur des lignes différentes entre leurs bases et leurs directions parisiennes, semblent vouloir faire front pour tenter de contrer la mesure ou parvenir à imposer une solution de reprise étatique.

Le Secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT Philippe Martinez parle quand à lui « d’Incohérence économique et industrielle », estimant à propos des actes récents du Ministre M. Montebourg que « Le discours du ministre n’est pas à la hauteur de ses promesses.» Une journée d’action intersyndicale est prévue le mardi 9 octobre dans toute l’Europe en soutien aux sites de production d'acier touchés par « les fermetures », en particulier Florange en France et Liège en Belgique (à suivre).

Christophe Journet


Voir aussi sur :

www.arcelormittal.com

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Mis à jour (Lundi, 24 Octobre 2016 16:14)

 

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